Affaire UC Global

Le mois dernier, nous avions appris de nouveaux développements dans l’affaire UC Global.

C’est à la suite de cette affaire révélée en 2019, après une enquête de El Pais que David Morales, directeur de la société de surveillance UC Global avait été arrêté par la police espagnole. En janvier 26, on avait appris que David Morales serait aussi bientôt inculpé, en plus, pour falsification de documents.

El Pais, dans un article publié le 8 mars, nous apprend que David Morales est décédé des suites d’une maladie.

Pour rappel, lorsque Julian Assange, en 2012, était allé chercher asile dans l’ambassade d’Equateur à Londres, le président Correa avait fait appel à une petite société espagnole de surveillance afin d’augmenter la sécurité. 

Le directeur de cette société, David Morales, avait profité de cette opportunité pour la développer. Sans que l’Equateur soit au courant, la sécurisation de l’ambassade était devenue une sorte de couverture pour un espionnage à grande échelle pour lequel David Morales, en lien avec la CIA, avait reçu argent et matériel sophistiqué. 

Rappel : https://www.repubblica.it/esteri/2019/11/18/news/spionaggio_julian_assange-241313885/  et traduction sur https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/201119/julian-assange-ete-espionne-pendant-des-annees-lambassade-de-lequateur

La mort de Morales peut-elle arrêter la poursuite de l’enquête sur l’espionnage ?                      Alors que l’affaire continuait lentement, avec des côtés de plus en plus sombres, la mort du principal inculpé pose la question de sa continuation. Il était notamment prévu que Julian Assange vienne témoigner. Rafael Correa aussi aurait du témoigner et cela se passe à un moment où en Equateur, le dirigeant d’extrême droite Noboa menace, à nouveau, de réclamer à la Belgique l’extradition de Correa. En principe, cette extradition ne peut être acceptée car Correa jouit de l’asile politique.

Si l’affaire devait s’arrêter, cela aurait pour conséquence de laisser dans le secret une grande partie de l’espionnage dont Assange a été victime à l’ambassade d’Equateur, de l’espionnage dont ses visiteurs ont été victimes, de l’espionnage du personnel de l’ambassade et même des projets d’assassinat de Julian Assange. La preuve des liens avec la CIA serait enterrée. De nouveau, la vérité resterait cachée au public et aux victimes.