Une très grande nouvelle, nous avons souvent parlé de l’Espionage Act de 1917, loi en vertu de laquelle Julian Assange a été condamné, la protection du Premier Amendement lui ayant été refusée car n’étant pas citoyen des Etats-Unis (on peut souligner à nouveau l’ironie avec laquelle les Etats-Unis étendent certaines de leurs lois au monde entier – enfin à cette part du monde qui leur résiste- mais n’accordent pas une possible protection). Nous savions que des membres du Congrès et des associations (Defending Rights and Dissent) voulaient faire réformer cette loi et ainsi mettre fin aux abus à l’encontre des lanceurs d’alerte et des journalistes. La réforme de la loi a été présentée le 12 mars par la représentante au Congrès Rashida Tlaib. Son nom : Daniel Ellsberg Press Freedom and Whistleblower Protection Act.
La présentation de cette loi est très importante car l’Espionage Act de 1917 a été, à plusieurs reprises, utilisé pour faire taire des voix audacieuses et non-soumises. Une première fois contre le lanceur d’alerte Daniel Ellsberg en 1971, qui avait révélé des mensonges du gouvernement à propos de la guerre du Vietnam. La brèche une fois ouverte, de nombreux lanceurs et lanceuses d’alerte ont été accusés en vertu de cette loi. Bien sûr, nous pensons à Chelsea Manning mais aussi Snowden, Hale etc. Il est à souligner que l’utilisation de cette loi contre des personnes qui osent révéler au public des informations cruciales mais « dérangeantes » est le fait des deux partis, aussi bien démocrate que républicain. L’utilisation de cette loi contre Julian Assange est sa première utilisation contre un journaliste.
Cette nouvelle loi qui vient d’être présentée au Congrès marque la volonté d’empêcher la criminalisation des journalistes et des lanceurs d’alerte.
Quelques éléments de cette loi:
– Limite l’utilisation des articles 793 et 798 aux agents étrangers ou aux employés du gouvernement ayant pour mission de protéger les informations classifiées, empêchant ainsi leur utilisation à l’encontre des journalistes, des éditeurs et des membres du grand public.
– Exige que les informations relatives à la défense nationale en question soient correctement classifiées.
– Exige que le gouvernement prouve que le défendeur a agi avec l’intention spécifique de nuire aux États-Unis ou d’aider une puissance étrangère (c’est-à-dire qu’il a commis un acte d’espionnage).
– Permet aux défendeurs de témoigner quant à l’objectif de leurs divulgations.

